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Hommage du bourgmestre Olivier Maingain à Madame Antoinette Spaak
Le mardi 1 septembre 2020

L’annonce du décès de Madame Spaak a suscité une vive émotion et les messages d’hommage sont empreints d’une réelle sincérité, sans recours à des formules plus convenues. Pourquoi une telle estime, une telle affection, pour la première femme, présidente de parti ?

Spontanément, nous serons nombreux à reconnaître que sa manière d’être était bien éloignée des vanités de ses collègues masculins, plus enclins aux jeux tactiques de la politique. Pour toute une génération qui l’a connue pendant sa période d’engagement politique, et même les enfants de cette génération, Madame Spaak a incarné l’intégrité de convictions fortes et justes. Avec une classe incomparable, elle rappelait ce qu’étaient les vraies priorités politiques pour l’avenir de Bruxelles, de la francophonie, de l’Europe. Elle considérait que la politique n’est noble que lorsqu’elle sert l’idéal le plus élevé de la dignité humaine et du respect dû à chaque citoyenne et à chaque citoyen, sans distinction.

Elle était inébranlable lorsqu’elle tenait tête aux excès du nationalisme flamand mais elle était conciliante lorsqu’elle percevait chez son interlocuteur, l’ouverture d’esprit qui pouvait dépasser les antagonismes. Par ses origines namuroises, du côté de sa maman, elle était profondément attachée à l’union des francophones et, par l’héritage intellectuel d’un père prestigieux, elle savait toute l’importance du projet européen pour protéger les peuples de tous les égoïsmes et replis identitaires.

Madame Spaak avait, chevillée au cœur, l’ambition européenne pour qu’elle s’affirme comme une référence pour tous les peuples qui, sur d’autres continents, mais aussi en Europe, et même dans l’Union européenne, cherchent à s’affranchir des régimes autoritaires et des obscurantismes.

Pour toutes celles et tous ceux qui ont eu le bonheur de la côtoyer, elle témoignait d’une force rassurante et rayonnante. Elle tenait toujours à surmonter les difficultés en recherchant ce qui était le plus positif dans les choix que nous devons faire, dans la vie publique comme dans la vie privée. Elle avait un enthousiasme communicatif et l’attention délicate. Elle était curieuse de tout ce qui contribuait au bonheur de chacune et de chacun car, comme disait Albert Camus, « il n’y a pas de mal à vouloir le bonheur ». Elle refusait le défaitisme car elle faisait partie de cette génération qui, pour avoir connu la Seconde Guerre mondiale, considérait que seule la volonté permettait de surmonter l’épreuve et de tenir en échec l’adversité.

Elle aimait passionnément la vie car elle pensait qu’il ne pouvait pas y avoir d’autre satisfaction que celle de vivre intensément les moments qui nous sont donnés. Elle était athée, mais elle vivait avec émotion la rencontre avec d’autres expressions de pensée et de conviction. Elle aimait se rendre à Vézelay, en la magnifique basilique Marie-Madeleine, en cet endroit qui a inspiré tant d’écrivains, d’artistes, d’intellectuels et qui est un lieu de rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui pensent que la tolérance est avant tout une exigence de comprendre l’autre, sa différence, sa singularité. Elle racontait avec plaisir les rencontres et les amitiés qu’elle avait nouées avec des personnes aux conditions de vie très différentes. Elle détestait le snobisme des prétentieux car elle avait l’élégance de l’esprit.

Son parcours politique fut celui de son idéal, la conviction qu’il n’y a pas de liberté sans dignité, et qu’il n’y a pas de dignité certaine sans combat inlassable pour l’estime due à chaque femme, à chaque homme. Elle a assumé ses combats politiques, non pour humilier les autres, mais par volonté de justice pour tous, dans le respect partagé.

Olivier Maingain

Lors de l’inauguration du cours Paul-Henri Spaak à Woluwe-Saint-Lambert

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